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La vie d’Averroès a été retracée dans Le Destin (1997), un film de Youssef Chahine, primé pour le 50ème anniversaire du Festival de Cannes. À voir absolument ! Averroès Ibn Rushd, dit Averroès (1126-1198), est l’un des érudits musulmans les plus célèbres en Occident. On le connaît surtout pour ses commentaires d’Aristote, pour ses talents de médecin et pour le fait qu’il a été persécuté pour ses prises de position philosophiques. Averroès était trop influencé par la philosophie, la lo
D'Averroes, philosophe arabe, (1126-1198), on sait que son ouverture d’esprit et sa modernité déplurent souverainement aux diverses autorités musulmanes de l’époque. Emprisonné et exilé comme hérétique, ses livres furent brûlés.
Averroes essayait en particulier de distinguer la foi de la raison, exercice fort mal vu par les musulmans il y a 800 ans, et qui ne semble d’ailleurs pas préoccuper beaucoup plus les mahométans d’aujourd’hui. En 8 siècles, les musulmans n’ont pas bougé d’un millimètre.
A dire vrai, l’importance des travaux d’Averroes n’a jamais eu beaucoup de poids dans la sphère islamique, puisque ses principaux travaux portaient sur la philosophie grecque… Ses écrits ont essentiellement marqué les philosophes chrétiens et juifs du Moyen-Age. A ce sujet, Ernest Renan déclarait en 1883 qu’attribuer les mérites d’Averroes à l’islam, c’était comme attribuer les mérites de Galilée à l’Inquisition.
D’Averroes, on connaît également cette phrase d’une exquise pureté : « La religion judaïque est une loi d’enfants, la chrétienne une loi d’impossibilité et la mahométane une loi faite pour les pourceaux»gique et les mathématiques grecques pour toujours rester un parfait Musulman. Bref, il fait figure de progressiste.
D'Averroes, philosophe arabe, (1126-1198), on sait que son ouverture d’esprit et sa modernité déplurent souverainement aux diverses autorités musulmanes de l’époque. Emprisonné et exilé comme hérétique, ses livres furent brûlés.
Averroes essayait en particulier de distinguer la foi de la raison, exercice fort mal vu par les musulmans il y a 800 ans, et qui ne semble d’ailleurs pas préoccuper beaucoup plus les mahométans d’aujourd’hui. En 8 siècles, les musulmans n’ont pas bougé d’un millimètre.
A dire vrai, l’importance des travaux d’Averroes n’a jamais eu beaucoup de poids dans la sphère islamique, puisque ses principaux travaux portaient sur la philosophie grecque… Ses écrits ont essentiellement marqué les philosophes chrétiens et juifs du Moyen-Age. A ce sujet, Ernest Renan déclarait en 1883 qu’attribuer les mérites d’Averroes à l’islam, c’était comme attribuer les mérites de Galilée à l’Inquisition.
D’Averroes, on connaît également cette phrase d’une exquise pureté : « La religion judaïque est une loi d’enfants, la chrétienne une loi d’impossibilité et la mahométane une loi faite pour les pourceaux».
Averroes est un génie aux connaissances étendues. Il a partagé sa vie mouvementée entre l'Espagne et le Maroc en qualité de juge et de médecin. Il a été le grand commentateur de la philosophie d'Aristote dont l'influence pénétra les esprits y compris des théologiens chrétiens les plus conservateurs du Moyen Age comme Saint-Thomas-d'Aquin. On venait le voir en consultation aussi bien en médecine qu'en matière juridique. Sa vieSon nom Abu al-Walid Mohamed Ibn Ahmed Ibn Mohamed al-Andalusi, connu chez les Occidentaux comme Averroes est né à Cordoue en Espagne en 1126. La ville est alors un lieu d'intense activité intellectuelle. Sa famille était connue et respectée; son grand-père et son père avaient été grand qaadi (magistrat) à Cordoue. Averroes acquit une formation solide, par des maîtres particuliers. l commence par l'étude du Coran, de la grammaire, de la poésie, de l'écriture et des rudiments de calcul. Il est initié par son père qui était lui-même juge à Cordoue, à la jurisprudence musulmane, selon laquelle le religieux et le juridique ne se dissocient pas. Après une bonne formation religieuse il étudia d'autres branches du savoir, la physique, l'astronomie, la médecine, les mathématiques. Il apprit la philosophie et le droit sous la direction d'Abu J'afar Haroon et d'Ibn Bajja, et la médecine sous celle d'Avenzoar. édecin de princes influents il échappe pour un temps aux ennuis que lui valent ses prises de position philosophiques et son scepticisme religieux. Cela ne lui empêchera pas de goûter tour à tour au pouvoir en qualité de gouverneur de l'Andalousie, de réformateur de l'administration de la justice à Marrakech et au désagrément de la détention ou du dénuement. l'âge de 27 ans, en 1153, Averroes s'est rendu à Marrakech, sur invitation du Calife Almohade Abdel-Moumen ben Ali pour des consultations relatives à l'établissement d'un certain nombre d'écoles au Maroc et la réforme de l'administration de la Justice. Il est retourné à Marrakech une deuxième fois où il fut présenté, par le philosophe et médecin Ibn Tofaïl, au Calife Ibn Yacoub Youssef qui lui confia, en 1169 la tâche d'expliquer la philosophie d'Aristote.
es nouveaux maîtres de Perse, d'Egypte, du Maghreb et d'Espagne rivalisaient dans le domaine du faste et de l'esprit. C'est en 929 que fut fondée Cordoue - le joyau du monde - dans laquelle fut constituée une bibliothèque comparable à celle qui jadis avait fait la réputation d'Alexandrie (plusieurs centaines de milliers de volumes). La médecine arabe est représentée à cette époque par les grandes écoles de Médecine Arabe ou de langue Arabe: - L'école de Bagdad avec les Bakhtishu et Yuhanna Ibn-Masawayh - L'école d'Ispahan avec Ibn Sina, - L'école de Shiraz avec Ibn Abbas Al Majusi, - l'école de Damas avec Al Baghdadi et Ibn Al Mutran - L'école au Caire illustrée par Ibn an Nafis et Ibn Abi Usaybia - L'école de Kairouan: avec le célèbre Ishaq Ibn Imran et Ibn Al Jazza - Les écoles de Cordoue, de Tolède, Séville, et de Saragosse connurent de grands médecins tels, les fameux Abulcassis, Avenzoar, Averroes.
Averroes était aussi compétent en matière de théologie que de droit ce qui lui valut d'occuper le poste de qaadi (magistrat chargé de dire le droit) à Séville, à l'âge de 44 ans, c'est à ce moment qu'il traduisit et résuma le livre d'Aristote "de Anima". Deux années plus tard il se trouve à Cordoue dans sa ville natale où il restera 10 ans comme grand qaadi de la ville. C'est pendant cette période qu'il écrira les commentaires d'Aristote.
Un examen attentif de ses travaux médicaux et philosophiques montre qu'Averroes était un homme profondément religieux ayant une bonne connaissance du Coran et des traditions enseignées par le Prophète auxquelles il fait souvent référence. Ainsi on trouve dans ses écrits cette phrase: "Quiconque étudie l'anatomie augmente sa foi dans l'omnipotence et l'unité de Dieu Tout Puissant". verroes philosophe fut avant tout praticien et théoricien de la médecine et du droit. Il aurait écrit 78 livres sur différents sujets. En tant que médecin.Averroes était un médecin porté sur la recherche, l'analyse et le traitement des maladies, bien qu'il ait eu un plus grand penchant pour la recherche et l'étude. Son œuvre médicale la plus connue est "Kitab Al-Kulliyate fil-Tibb" ("Livre de Médecine Universelle"). Ecrit avant 1162, cet ouvrage fut traduit en latin par Bonacosa en 1255, sous le titre de «Colliget»,et en hébreu. Il fut publié en 1482 et en 1560 à Venise, il fût enseigné officiellement dans les Facultés et écoles de Médecine occidentales jusqu'au XVIIeet XVIIIe siècles. Ce n'est qu'en 1984 que le texte arabe a été imprimé à New Delhi. En 1989, le Conseil supérieur algérien de la Culture, en coopération avec l'Union internationale des Académies, a procédé à la publication «d'Al-Kulliyate», après authentification et commentaire par les Dr Saïd Chibane et Ammar al-Talibi.
lI est composé de sept livres, comporte une belle introduction à la Physiologie.
Il y exprime son adhésion à la médecine scientifique héritée des grecs qu'il faut concilier avec l'ensemble des traditions rassemblant les pratiques et les conseils du Prophète en matière de soins. Il souligne, en outre, la nécessité de s'appuyer sur l'observation et l'expérimentation, d'avoir une connaissance globale de tout ce que la science naturelle a accumulé au plan de la dissection et de la fonction des membres. La consultation entre médecins qu'il a prônée est un apport notable à la médecine.
- Lorsqu'on a eu la chance de guérir d'une variole, il aboutit à la conclusion que la variole ne touche le malade qu'une seule fois.
- Averroès s’intéresse à l’anatomie. Il traite de 7 paires de nerfs crâniens, il décrit les nerfs rachidiens et leurs territoires d’innervation, les 4 citernes cérébrales ainsi que 2 méninges.
- Averroès, dans le Colliget, se range clairement derrière Aristote et il fait du cœur le siège de la virtus cibavita et de la sensibilité générale, en réfutant les arguments anatomiques qui pouvaient être avancés. - Outre ses fonctions motrices, il reconnaît au cerveau les capacités d’imagination, de réflexion, de mémorisation (mémoire d'évocation et de fixation) - Il découvre que l'organe sensible de l'œil est la rétine, et annonça parmi les premiers que la rétine reçoit la lumière.
- Averroes a décrit une multitude de maladies, ainsi que leurs symptômes et leurs complications. Il a traité, en outre, des manifestations psychiques, telles que la colère, la tristesse, l'anxiété et l'épilepsie.
- Averroes estimait qu'une alimentation saine, une eau propre et un air pur sont les garants d'une bonne santé. Il considérait que les médicaments constituent une matière étrangère au corps, nuisible au fonctionnement de certains organes en raison de leurs diverses incidences, en particulier sur le foie et les reins, dont les fonctions visent à éliminer les poisons du corps.
Averroes a élaboré un traité d'Astronomie: "Kitab fi-Harakat al-Falak", sur le mouvement des sphères et des étoiles, abrégé d'astronomie à partir de l'Almageste de Ptolémée (90-168).
De la même époque que le "Kitab Al-Kulliyat", date le "Bidayat al-Mujtahid wa-Nihayat-al-Muqtasid", ouvrage consacré à des questions discutées en matière de fiqh (droit, au sens musulman, selon lequel le religieux et le juridique ne se dissocient pas), ce qui lui valut une certaine réputation en ce domaine.
Ce n'est ni comme juriste ni comme médecin qu'Averroes fut connu du monde latin mais comme "Commentateur" d'Aristote, tout comme Aristote est le "Philosophe". Les sources de la pensée d'Averroes sont de deux ordres: - le philosophe Aristote dont il veut retrouver la philosophie dans sa pureté, en éliminant les interprétations passées faites par les musulmans ou les grecs. - l'Islam et son livre saint le Coran.
Aristote et Platon, Ecole d'Athènes par Raphaël (Vatican) ci-contre n une vingtaine d'années Averroes écrivit sur presque tous les traités du corpus aristotélicien qu'il considère comme un "être divin" et inspiré. Il utilise pour cela plusieurs traductions, il trouve ainsi certaines erreurs de traduction ou d'interprétations, parfois des rajouts. Il cherchait à trouver un sens originel à sa vie à travers l'œuvre du philosophe grec. Sa conception philosophique sur l'origine des êtres est inscrite dans ses commentaires des traités d' Aristote. Traductions latines d'Aristote, commentées par Averroes Averroes, Grand Commentaire, sur Aristote, De Anima.
eux versions latines et commentaire en petits caractères. Commentarium magnum Averrois in Aristotelis De Anima libros, traduit par Michel Scot vers 1230. Paris, troisième quart du XIIIe siècle. Manuscrit sur parchemin (158 feuillets, 31 x 21 cm). BnF, Manuscrits (Latin 16151 fol. 22) e mot générique de commentaire en couvre trois sortes distinctes : - le petit commentaire ("Jami"), abrégé, ou paraphrase, destiné à de jeunes élèves. - le commentaire moyen ("Talkhis") est une explication assez courte, destinée à des étudiants déjà familiarisés avec le sujet. - le grand commentaire ("Tasfir"), dans lequel Averroes énonce les problèmes que suscitent certains passages, rapporte les solutions avancées par les commentateurs antérieurs, les examine, et expose la sienne propre, ce qui donne lieu à des développements parfois très longs. Ces commentaires sont connus uniquement dans des traductions hébraïques ou latines. Averroes cherche à concilier Philsophie et Religionux yeux d'Averroes, rien dans la philosophie d'Aristote bien comprise ne contredit le Coran. La philosophie ne contredit pas la loi divine qui appelle à étudier rationnellement les choses: on doit "unir le rationnel (ma'qul ) et le traditionnel (manqul )". Averroes s'en explique dans Fasl al-maqal(Discours décisif ); "le vrai ne peut contredire le vrai".
Le programme est possible, parce que la loi divine a un sens extérieur (zahir) et un sens intérieur (batin): les hommes capables de science doivent pénétrer jusqu'à celui-ci et le garder pour eux, les autres se contentant du premier, qui précisément leur est destiné. Si les préceptes pratiques s'imposent à tous indistinctement, les comportements doivent nécessairement différer en matière théorique. La seule attitude qui ne soit pas justifiée est celle des mutakallimun (théologiens) qui, communiquant aux gens du commun des interprétations mal fondées, jettent le trouble dans les esprits; faute de connaître les véritables méthodes rationnelles, ils s'en tiennent à des argumentations simplement probables, sur quoi rien de certain ne peut se fonder.
Sur ces bases - distinctions corrélatives des sens du Coran, des capacités intellectuelles et des modes de démonstration - Averroes a composé un ouvrage intitulé Découverte des méthodes démonstratives concernant les dogmes religieux (1189). Il y traite de plusieurs points fondamentaux de la foi islamique (l'existence de Dieu, son unicité, ses attributs, ses actions...) en substituant aux formulations et aux arguments des écoles théologiques, qu'il critique en détail, un exposé qui, fondé sur le seul texte coranique, doit convenir à la fois aux simples et aux savants (aux aristotéliciens).

Problème de la corporéité de DieuUn exemple fera comprendre cette méthode. Bien qu'il n'affirme rien de positif sur ce point, le Coran semble suggérer que le Créateur a un corps. Certains théologiens (mutakallimûn) ont prétendu prouver qu'il n'en était rien; mais leurs démonstrations ne sont pas solides; d'autre part, à dire aux gens du commun que Dieu est sans corps, on risque fort de leur faire conclure qu'il n'existe pas. La meilleure attitude consiste à ne pas aller plus loin que la Loi, c'est-à-dire à attribuer à Dieu ni la corporéité ni l'incorporéité. Et si l'on demande ce qu'il est, il faut, se référant au texte révélé (Coran, XXXIV, 35) et à la tradition du Prophète, dire que Dieu est Lumière. Ainsi on ne s'écarte pas de la Loi; on signifie aux gens du commun une existence réelle et particulièrement noble; on rappelle aux savants que leur intelligence est aussi incapable de saisir Dieu que les yeux des chauves-souris le sont de voir le Soleil -(allusion à Aristote : Métaphysique, II, 1, 993 B, 9-11). ans l'ensemble de ce traité, Averroes apparaît au point de convergence de trois perspectives doctrinales: la théologie musulmane, qu'il refuse mais qu'il connaît assez à fond pour la critiquer de l'intérieur; la révélation coranique et la philosophie d'Aristote, qu'il accepte intégralement l'une et l'autre comme deux expressions différentes du vrai.
Son ouvrage le plus important "Tuhafut al-Tuhafut" ("Inchoérence de l'Incohérence" ou "Destruction de la Destruction") est écrit en réponse au travail du penseur musulman et philosophe mystique Al-Ghazali, mort en 1111, qui avait écrit un livre destiné à ruiner les doctrines de divers philosophes: le "Tahafut al-falasifa" (La Destruction des philosophes ), qu'il réfute méthodiquement. Pour Al Ghazali, il n'y a pas de loi de la nature, mais des volontés de Dieu ; et la science doit s'effacer devant la toute puissance de la religion. Il écrit: "les connaissances consacrées par la Raison ne sont pas les seules, il y en d'autres auxquelles notre entendement est absolument incapable de parvenir". Réponse aux adversaires de la philosophie: Unité de l'intelligenceAverroes précise dans "Tuhafut al-Tuhafut" ("Inchoérence de l'Incohérence"), la double incapacité de l'intelligence: l'une est relative, propre à une certaine classe d'esprits, et provient soit de la constitution individuelle, soit de l'absence d'instruction; l'autre est absolue, et tient à la nature même de l'intelligence. On notera que, dans le texte résumé ci-dessus (allusion aux chauves-souris), c'est une image tirée du Philosophe lui-même qui illustre cette limitation radicale.
Dans ces interprétations, il fait état de sa théorie d'une intelligence universelle immortelle à laquelle tous les hommes participent par leur espèce mais non en tant qu'individu, les âmes particulières étant elles périssables et dépendantes. Il distingue en l'homme l'intellect passif et l'intellect actif. Celui-ci se situerait au-delà de l'individu : il lui serait supérieur, antérieur, extérieur car il serait immortel: en effet bien que les individus meurent, d'autres les remplacent toujours, et si la science vient à manquer en un point de la Terre, on peut être assuré qu'elle est en quelque autre: l'homme, en tant qu'être spécifique, est toujours nécessairement "joint" aux intellects. ien entendu il en va autrement pour les hommes particuliers: la pensée de chacun est liée à ses propres images. C'est pourquoi, malgré l'unicité des intellects, les pensées de chaque homme sont différentes de celles des autres; cela explique aussi que "ma" pensée soit, en un sens, "mienne", puisqu'il dépend de "moi" de me joindre à l'intellect agent, c'est-à-dire de faire que l'intelligible soit abstrait de "mes" images. ImmortalitéSelon Averroes, Aristote soutient une doctrine de l'éternité de la matière: rien ne vient du néant, et ni la forme, ni la matière ne sont créées. Le mouvement serait éternel et continu. 'éloge qu'il fait d'Aristote va parfois jusqu'à conférer à son existence une signification proprement exemplaire. Ainsi: Ce point [à propos de l'âme] est si difficile que si Aristote n'en avait parlé, il eût été très difficile, impossible peut-être, de le découvrir - à moins qu'il ne se fût trouvé un autre homme comme Aristote. Car je crois que cet homme a été [...] un modèle que la nature a inventé pour faire voir jusqu'où peut aller la perfection humaine en ces matières."
Son but est de revenir à l'authentique philosophie aristotélicienne. Il pense que l'homme n'a ni le contrôle de sa destiné, ni que celui-ci est entièrement prédéterminé. Averroes nous offre ici le tableau d'un monde sans commencement ni fin temporels, où les sphères tournent éternellement parce qu'elles dépendent de l'activité éternelle du Premier Agent. Ce Dieu d'Aristote agit selon un mode qui n'est ni volontaire ni naturel, mais que la Loi révélée appelle volonté. Créateur, sa science des êtres existants n'est ni universelle (car la connaissance par l'universel est abstractive et potentielle) ni particulière (car le particulier, matériel et multiple, est sans rapport avec l'unité de l'intellect divin): la science divine est toute différente de la nôtre, parce que - Averroes le dit encore dans son grand commentaire sur la Métaphysique , et dans un petit traité consacré à la "science éternelle" - elle est la cause de l'existence de l'être, et non pas son effet.
Dieu connaît, Dieu crée, c'est tout un: son essence créatrice est coextensive à la science qu'il a de ses créatures. L'identification en Dieu de l' "être" et du "connaître" est conforme à la théorie aristotélicienne, de même que l'éternité du monde; en liant ces thèmes à celui de la création, Averroes les éclaire d'un jour qui n'est plus grec, mais coranique; on a vu qu'il se référait explicitement à la révélation, et qu'il affirmait l'incapacité de l'intelligence humaine à en saisir le contenu entier.
L'immortalité serait un attribut de l'espèce et non de l'individu. Cette distinction conduit Averroes à séparer radicalement raison et foi, la Révélation de la Foi n'étant accessible qu'à l'intellect actif.
Ainsi la pensée d'Averroes apparaît comme un ensemble complexe où s'enlacent et s'équilibrent des éléments venus d'Aristote et d'autres venus du Coran, d'une façon très différente toutefois de ce que sera la scolastique chrétienne. 'est ce qui lui vaudra d'ailleurs sa disgrâce.
Averroes expose sa Théorie de la connaissance
Initié très tôt à la jurisprudence et à la théologie, il étudie aussi la médecine et fait des observations astronomiques au sud de Marrakech en 1153. Il écrit de nombreux ouvrages philosophiques et un traité de médecine remarqué en 1162. En 1167, il devient qâdi de Séville puis, en 1182, premier médecin à la cour d’Abû Ya’qûb Yûsuf et enfin, en 1184, Grand qâdi de Cordoue, comme le fut son père. Dans sa théorie de la connaissance, Averroes expose sa philosophie de la survie individuelle de l'âme. Dans les commentaires du "Traité de l'Âme" il exploite les passages, quelque peu obscurs, où Aristote parle des intellects: celui qui reçoit l'intelligible, comme le sens reçoit le sensible, et celui qui est la cause de la connaissance. Averroes explique que l'intellect "agent" interfère sur l'intellect "matériel", ces deux intellects sont l'un et l'autre éternels, et uniques pour tous les hommes. C'est en eux que s'opère réellement la pensée éternelle comme le monde, l'espèce humaine fournit sans défaillance à leur incessante actualité bien que les individus meurent, toujours d'autres les remplacent, et si la science vient à manquer en un point de la Terre, on peut être assuré qu'elle est en quelque autre: l'homme, en tant qu'être spécifique, est toujours nécessairement "joint" aux intellects.
Bien entendu il en va autrement pour les hommes particuliers: la pensée de chacun est liée à ses propres images. C'est pourquoi, malgré l'unicité des intellects, les pensées de chaque homme sont différentes de celles des autres; cela explique aussi que ma pensée soit, en un sens, mienne, puisqu'il dépend de moi de me joindre à l'intellect "agent", c'est à dire de faire que l'intelligible soit abstrait de mes images. Mais, Aristote l'enseigne, l'imagination est liée au corps, et meurt avec lui: c'est pourquoi la pensée individuelle est périssable, et, après la mort, "nous ne nous souvenons plus". Ainsi paraît supprimée toute croyance en une immortalité personnelle; toutefois, dans le "Tahafut al-Tahafut" , Averroes rappelle que, selon Aristote, l'altération d'un organe, de l'œil par exemple, n'implique pas nécessairement celle de la faculté correspondante (ici, de la vue): ce qui peut laisser supposer que l'intellect n'est pas seul à survivre à la mort du corps. Mais sur la question de l'esprit, l'homme "n'a reçu que peu de science", comme le dit un passage du Coran que cite ici Averroes: et le problème reste ouvert. En revanche, la doctrine d'Averroes est parfaitement nette en ce qui concerne une question débattue depuis longtemps par les philosophes musulmans: celle de la "jonction" (ittisal , continuatio dans les traductions latines) avec l'intellect "agent". Notre auteur s'en explique en plusieurs endroits: dans ses commentaires au Traité De l'âme, et dans trois "épîtres" consacrées à cette question. Pour comprendre la façon dont nous nous "acheminons vers la jonction", il faut ajouter à ce qu'on a dit plus haut qu'en passant à l'acte, l'intellect matériel devient intellect en habitus , c'est à dire possession stable de connaissances, de concepts, dont le nombre s'accroît à volonté. Quand sont actualisés pour nous tous les intelligibles que l'intellect matériel était potentiellement, "aussitôt l'intellect agent se joint à nous": c'est le terme du mouvement vers la jonction. De quoi s'agit-il au juste? La connaissance par abstraction est dépassée: si l'intellect matériel acquiert de la perfection en pensant des formes engagées dans la matière, il le peut à plus forte raison en pensant des formes immatérielles, intelligibles par soi (cela vient encore d'Alexandre d'Aphrodise).
 5.2 millions d’euros par an Doté de 5,2 millions d’euros par an, le programme Averroès est l’unique volet confié à la France par la Commission Européenne dans le cadre d’« Erasmus Mundus External Cooperation Window ». Il permettra d’offrir chaque année 326 bourses de mobilité entre les pays du Maghreb (Algérie, Maroc, Tunisie) et 4 pays de l’Union Européenne (Belgique, Espagne, France et Italie). Les bénéficiaires de ces bourses d’excellence sont les étudiants sélectionnés sur dossiers, les enseignants et les chercheurs... ainsi que le personnel des universités : c’est l’une des nouveautés du programme.Un programme stratégique pour les pays du Maghreb
Conçu sur le principe de l’échange et de la valorisation réciproque, le programme Averroès a été élaboré en coopération étroite entre les universités partenaires des deux côtés de la Méditerranée.
Béatitude intellectualisteL'autre part, le grand commentaire sur la Métaphysique explique que les substances séparées - et l'intellect agent en est une - peuvent être connues intellectuellement par nous, bien que ce soit difficile. La "jonction" nous unit donc à l'intelligible pur: c'est alors "la béatitude", "le grand but, l'immense bonheur"; l'homme en cette situation fait le lien entre l'actualité de l'intelligible et le sensible, puisque c'est en pensant ce dernier qu'il s'est élevé "de perfection en perfection, de forme en forme". Averroes va jusqu'à dire que, selon Thémistius (IVe s.), il est alors "assimilé à Dieu en ce qu'il est et connaît tous les êtres: car les êtres, et leurs causes, ne sont que la science de Dieu". Non que pour Averroes l'intellect agent soit Dieu, mais la jonction à cet intellect élève l'homme au niveau des substances séparées et de l'intelligible pur. Si l'on peut parler ici de mystique, c'est en un sens bien particulier, en rappelant qu'Averroes critique les soufis pour avoir négligé la voie spéculative, et qu'inversement il place la béatitude dans la perfection du savoir: on est alors tenté d'évoquer Spinoza. Mais surtout, dans sa Découverte de la méthode, Averroes, rencontrant le problème de la vision de Dieu, le résout comme il résout toutes les questions de ce genre: le Coran et le Prophète nous ont appris que Dieu est lumière; les esprits simples comprennent qu'ils verront Dieu comme on voit le Soleil, et les savants que la béatitude est accroissement du savoir (cela complète et nuance ses premiers exposés sur ce thème). Ainsi ce dernier exemple montre à nouveau que, pour Averroes, la félicité suprême se formule aussi bien en termes empruntés à la révélation que dans ceux de la philosophie d'Aristote, selon deux modes distincts et qui doivent le rester. Résumé:Averroes rejette l'idée de la création du monde dans le temps; le monde, affirme-t-il, n'a pas de commencement. la manière d'Aristote, il conçoit Dieu comme le "premier moteur", la force autonome qui stimule tout mouvement, transformant le potentiel en actuel. L'âme humaine singulière émane de l'âme universelle unifiée.
Averroes était admiré par les Juifs d'Espagne qui ont répandu sa philosophie en Europe, en particulier en Italie et en France après qu'ils aient été obligés de quitter l'Espagne. La pensée d'Averroes a été interprétée par des penseurs chrétiens qui l'ont appelée la "théorie de la double vérité". Bien qu'Averroes n'ait jamais véritablement soutenu l'existence de deux catégories de vérité, l'une philosophique, l'autre religieuse. Ceci impliqua une séparation de la raison et de la foi et influença la spéculation philosophique et théologique pendant de nombreux siècles.
C'est à des juifs et à des chrétiens attachés à conserver et traduire ses œuvres qu'il doit son influence posthume. Conclusion: le rationnalisme tolérant d'AverroesMédecin, Juriste et Philosophe arabe, Averroes joue un grand rôle dans la redécouverte d'Aristote par l'Occident. ans ses commentaires qui étaient utilisés de préférence aux textes originaux d'Aristote, il estime que les vérités métaphysiques peuvent être exprimées de deux façons: par la philosophie (représentée par les vues d'Aristote et des néoplatoniciens de l'antiquité tardive) et par la religion (représentée sous la forme simplifiée et allégorique des livres révélés).
C'est de cette philosophie que partirent les grands courants de l'averroisme latin suivi respectivement par Siger de Brabant ( 1235- 1282) à Paris et par le médecin Pietro de Abano (1250-1315) de Padoue: ( " ... La médecine est appelée "philosophie seconde": les deux disciplines sont en effet complémentaires, l'une soignant l'âme, l'autre le corps...la médecine et la philosophie sont soeurs".)
Cette doctrine sera plus tard combattue par Thomas d'Aquin, qui chercha à réconcilier la foi et la raison pour fonder la théologie comme science rationnelle.
Ce principe philosophique a engendré une grande polémique et a soulevés des débats passionnés. Il a été déclaré plus tard hérétique par les musulmans et les chrétiens parce qu'elle contredisait la doctrine de l'immortalité personnelle (condamnation par l'évêque de Paris en 1270, puis par le pape Léon X en 1513). Les commentaires ont exercé une influence considérable tant sur la scolastique chrétienne que sur la philosophie dans l'Europe médiévale et sur les philosophes juifs du Moyen Âge.
Averroes a profondément marqué le développement théorique de la médecine, ayant frayé la voie à la compréhension des théories grecques en la matière, et ce, grâce aux résumés critiques qu'il réalisa des œuvres de Galien et autres, mais aussi par ses analyses critiques de leurs théories et la formulation d'opinions contraires aux leurs.

La vie d’Averroès a été retracée dans Le Destin (1997), un film de Youssef Chahine, primé pour le 50ème anniversaire du Festival de Cannes. À voir absolument !
Le scénographique Palais des Offices, projeté par Giorgio Vasari en 1560, pour recevoir les bureaux et les magistratures du Duché, puis du Grand Duché toscan, est parmi les plus importantes œuvres d'architecture de la Renaissance en Italie.
Impressionnant le point de fuite vers l'Arno, aboutissant en une belle arcade surmontée de la statue du Grand Duc Cosme I, entre les allégories de la Rigueur et de l'Equité.
A l'étage supérieur du palais se trouve la Galerie des Offices, une des collections de peinture les importantes du monde.
Place de la Signoria est l'espace civique le plus représentatif de la ville.
L'édifice construit entre 1299 et 1314 par Arnolfo di Cambio, comme siège de la Commune,
c'est-à-dire de l'Etat florentin et de sa suprême magistrature, pris le nom de Palazzo Vecchio quand le duc Cosme de Médicis,
qui y avait habité de 1540 à1550, choisit comme résidence officielle Palais Pitti et s'y installa.
Imposant palais forteresse, symbole de la puissance florentine, sa façade se distingue par la position asymétrique des tours: ceci est dû à la volonté d'exploiter une structure préexistante.
Le David est un chef-d'œuvre de la sculpture de la Renaissance, réalisé par Michel-Ange entre 1501 et 1504, Il mesure 4,34 mètres de hauteur (5,14 mètres avec le socle) et il est tiré d'un bloc de marbre blanc de Carrare, laissé à l'abandon aprés l'échec d'autres sculpteurs.
 Michel-Ange a su tirer parti de l'étroitesse du bloc de marbre et contourner un de ses défaut (une brèche dans laquelle il a creusé l'espace entre le bras droit et le torse).
 Michel-Ange a représenté David, une fronde à la main, juste avant son combat contre Goliath.
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La Fondation Evens est une organisation philanthropique basée à Anvers, en Belgique, et disposant d'antennes à Paris et à Varsovie. Son ambition est de contribuer à la construction de l'Europe par le biais de projets concrets, à échelle humaine, qui permettent de renforcer la cohésion sociale entre les citoyens de l'Union européenne.
La Fondation, qui a célébré son 10e anniversaire en 2007, doit son existence à la générosité du défunt M. Georges Evens, entrepreneur, philanthrope d'origine polonaise et grand enthousiaste de la construction européenne.
Après s'être installé à Anvers au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, il a mené une carrière remarquable dans l'industrie du diamant et a souhaité rendre à la société les fruits de son propre succès.
La Fondation est présidée par Mme Corinne Evens, fille des défunts fondateurs M. Georges Evens et Mme Irène Evens-Radzyminska.
La Fondation Evens soutient des projets qui contribuent de façon durable à un plus grand respect pour la diversité culturelle et sociale en Europe dans les domaines suivants:
- Vivre ensemble en harmonie au niveau européen
- Vivre ensemble en harmonie au niveau local
- Education (dans et en dehors de l'école)
- Prévention des conflits
- Arts
- Science
- Médias
Nous remettons également des prix dans les domaines de l'Education Interculturelle, de l'Art et de la Science.
Candidature au Prix Evens
Les prix Evens sont octroyés à un projet ou une organisation qui a apporté une contribution exceptionnelle (ou est capable de le faire) relative à l’intégration sociale européenne dans les domaines de l’art, l’éducation interculturelle et la science et qui a fait preuve de détermination et de créativité.
La Fondation Evens propose aux candidats de soumettre leur candidature par l’intermédiaire d’un appel à nominations.
Prix Evens pour Education Interculturelle 2009: Education aux Médias Avec cette sixième édition du Prix Evens pour Education Interculturelle à décerner en 2009, la Fondation Evens souhaite souligner l'importance de l'EDUCATION AUX MEDIAS et soutenir le développement de nouvelles propositions durables dans ce domaine visant les enfants en Europe.
Pour plus amples renseignements veuillez contacter :
Maud Aguirre – Responsable du Département Education (maud.aguirre@evensfoundation.be)
Jan Morrens – Coordinateur Prix Arts 2009 (jan.morrens@evensfoundation.be)
La Fondation Evens croit en la participation active des citoyens qui est conditionnée par l’amélioration de la qualité de la vie. Nous abordons ainsi des problèmes tels que l’exclusion sociale, le chômage, le manque, voire l’absence d’opportunités, les problèmes d’intégration, le racisme ou la discrimination basée sur le sexe par le biais de programmes locaux concrets.
Nous privilégions une approche active dans la résolution des problèmes sociaux en encourageant les habitants à entreprendre leurs propres initiatives et à prendre leurs responsabilités.
| En 2009, la Fondation Evens attribuera un prix à un artiste visuel (individuel ou collectif), âgé de moins de 40 ans, qui est né ou qui réside et pratique activement son art dans les frontières de l'Union européenne et dont l'oeuvre reflète les objectifs et la mission de la Fondation Evens :
La Fondation Evens entreprend et développe des initiatives et soutient des projets qui promeuvent la cohabitation harmonieuse des citoyens et des états dans une Europe pacifique en respectant la diversité, à la fois individuelle et collective, et l’intégrité, à la fois physique et psychologique, avec une attention particulière accordée à l’autre.
Le terme "Arts visuels" est à interpréter dans le sens le plus large du terme, englobant tant les travaux dans les domaines classiques que la vidéo, les représentations et la photographie.
Le prix s'accompagne d'une récompense monétaire de 15.000 €. Une participation financière pourra en outre être offerte dans le cadre d'une exposition dans un musée ou une galerie et/ou de la publication d'un catalogue reprenant les oeuvres de l'artiste.
Le jury est composé d'un président et d'experts en art contemporain et culture. Parmi ces experts figurent des représentants de la Belgique, de la France et de la Pologne, les trois pays où la Fondation Evens dispose d'une représentation. Le jury est présidé par M. Ernest Van Buynder, membre du Conseil d'Administration de la Fondation Evens et président du Musée d'Art contemporain MuHKA à Anvers pendant seize ans. La sélection des artistes s'est opérée par des nominations du jury.
Les membres du jury sont:
- Prof. Dr. Willem Elias, Vice-doyen de la Faculté des Sciences psychologiques et de l'Education, Vrije Universiteit Bruxelles; Président de l'Institut supérieur des Beaux-arts Flandres (HISK)
- M. Bart De Baere, Directeur du Musée d'Art Contemporain d'Anvers MuHKA, Belgique
- Mme Aneta Szylak, Directeur de l'Institut de l'Art Wyspa, Gdansk, Pologne
- Mme Yoyo Maeght, Administrateur de la Fondation Maeght, Saint-Paul, France
- Mme Jeanette Zwingenberger, Curateur et auteur, historienne de l'art, Fondation Hippocrène
- M. Manuel Costa Cabral, Chef du Département des Arts visuels de la Fondation Gulbenkian, Portugal
- M. Paolo Naldini, Directeur Cittadellarte - Fondazione Pistoletto, Italie
Le jury s'est réuni à Anvers le lundi 29 septembre 2008 et a été invité à établir une liste comportant au moins deux candidats lauréats. Le Conseil d'Administration de la Fondation Evens a confirmé le gagnant sur base de cette liste recommandée par le jury fin 2008: Agnieszka Podgórska.
Agnieszka Podgórska: Corps-et-graphie de soi et des autres (par Dr. Jeanette Zwingenberger)
La perception du monde et de l’autre passe par le corps humain. De quel corps s’agit-il dans l’œuvre d’Agnieszka Podgórska?
L’artiste s’expose nue devant son appareil photographique. Face à ce miroir, elle se plie et se contorsionne dans un jeu de métamorphoses. Loin de tomber dans le narcissisme ou dans le registre de la séduction, sa silhouette se transforme en un enchevêtrement de corps formant un organisme hybride et surprenant. L’aspect performatif est au cœur de Morphotype, un projet collectif avec la compagnie chorégraphique Cave Canem où elle met en scène et photographie les corps de danseurs devenant d’étonnantes sculptures, exposé à la Maison de Rhénanie-Palatinat, Dijon, 2008.
Le médium de Agnieszka Podgórska est la photographie numérique. Sans intervention artificielle, uniquement par l’angle de vue d’en haut et par le raccourci de la perspective, elle obtient une distorsion du et des corps, matière malléable, s’apparentant à un mélange de chair insaisissable. La main ou le pied semblent plus dominants que le reste de ce « corps acéphale » grandeur nature.
Projet (é)change de peau, est une intervention artistique et pédagogique avec les enfants du Club UNESCO de Malika à Dakar en mai 2008, développé en collaboration avec l'Ambassade de Pologne à Dakar, et Fundacja Forum Roznorodnosci à Varsovie. Cette initiation à l’art et l’encouragement d’une culture à l’autre a abouti à une exposition du 21 jusqu’au 28 mai pendant le festival d'art contemporain Dak'Art Off 2008.
Est-ce que c’est son expérience de vivre entre les cultures qui a généré cette vision d’un corps exempt des codes sociaux et qui semble échapper aux références symboliques ou est-ce une réminiscence de son enfance, qu’elle a passée en partie dans un cirque en Pologne ? L’œuvre sensibilise au rapport au corps comme premier langage, une condition pour pouvoir vivre ensemble en harmonie en prévenant les conflits.
Agnieszka Podgórska est une artiste originaire de Pologne, elle vit en France, a travaillé en Italie et expose en Europe.
 Dr. Jeanette Zwingenberger
1. Refonder le capitalisme mondial.
2. Attractivité et compétitivité de l’économie française.
3. L’action économique de l’Etat.
Pour les Jeunes Populaires - Synthèse par Paul Bazin de Jessey, Erwan Le Noan, Elodie Woillez
Contact : etudes@jeunespopulaires.com
1) Refonder le capitalisme mondial.
Aux origines de la crise : politique du crédit facile et crise de confiance. Une gestion financière périlleuse. La crise économique actuelle est la conséquence d’un excès de liquidité. Le comportement des banques, qui ont accordé des prêts de manière excessive et ont titrisé des produits financiers trop aventureux et tenté d’assainir fictivement leurs bilans, ont pris des risques inconsidérés. Lorsque le contexte monétaire a évolué, les particuliers ont été les premières victimes de ces comportements. Il est nécessaire de s’interroger sur l’existence d’un phénomène d’aléa moral, incitant les banques à prendre des risques et pariant sur leur garantie par la puissance publique.
Une crise de confiance.
Cette situation a engendré une crise de confiance. Aujourd’hui, pour les investisseurs, les produits financiers semblent trop risqués. C’est cette méfiance qui les conduit à vendre leurs titres, faisant chuter les cours des bourses. Nicolas Sarkozy l’a dit à Toulon le 25 septembre 2008 , « une crise de confiance sans précédent ébranle l'économie mondiale ».
Une crise réelle.
La crise s’est propagée au monde entier. Le défaut de refinancement interbancaire expose l’économie à un risque de « credit crunch ». La crise boursière contribue à dégrader le patrimoine des ménages. Les entreprises, dans une position attentiste, hésitent à investir : un risque de spirale négative auto-entretenue émerge. L’apparition de taux de croissance négatifs pour les économies nationales et la hausse du chômage montrent les premiers effets de la crise financière sur l’économie réelle. Il s’agit d’une crise globale, qui touche de nombreux secteurs de l’économie et d’une crise mondiale puisque de plus en plus de pays sont affectés.
Cadres pour l’analyse.
Un dysfonctionnement, mais pas une faillite du système. Le président de la République l’a dit à Toulon, « la crise financière n'est pas la crise du capitalisme. C'est la crise d'un système qui s'est éloigné des valeurs les plus fondamentales du capitalisme, qui a trahi l'esprit du capitalisme ». L’utilisation abusive de certains dysfonctionnements du système ne doit pas conduire à remettre en cause le marché qui reste la seule voie de concilier développement économique et libertés humaines. Le capitalisme apprend de ses crises, comme l’histoire l’a maintes fois montré.
Une solution libérale à la crise. La solution à la crise du capitalisme doit se trouver dans l’établissement de règles claires et strictes, et dans la définition de contre poids permettant un juste équilibre des forces du marché. C’est la définition même du libéralisme.
Nicolas Sarkozy, l’avait souligné à Toulon : « la crise actuelle doit nous inciter à refonder le capitalisme sur une éthique de l'effort et du travail, à retrouver un équilibre entre la liberté et la règle, entre la responsabilité collective et la responsabilité individuelle ». La crise n’est pas due au non-respect des règles mais à l’inadaptation (voire même l’absence) de celles-ci à l’évolution du capitalisme financier et de ses outils.
Nos propositions :
Des règles plus strictes et plus claires pour les institutions financières
Imposer la transparence dans le secteur bancaire en les obligeant à clarifier leurs statuts. Le changement de statut des dernières banques d’affaires « pures » aux États-Unis illustre cette nécessité.
Réviser les critères appliqués par les agences de notation. La confiance trop forte qui leur a été accordée a conduit certaines institutions à prendre des risques inconsidérés.
Relever les normes de bonne gestion des institutions financières, notamment en matière de prise de décision et de contrôle interne des opérations.
Harmoniser plus avant les règles comptables et les repenser. Le jeu du marché ne fonctionne que si tous les acteurs sont soumis aux mêmes règles. Il faut mettre fin à l’opacité du hors-bilan. Il est également fondamental de repenser les fondements des règles comptables internationales : l’objectif de « fair value » montre ses limites, chaque objet n’ayant pas de facto une valeur de marché.
Des règles plus strictes et plus claires pour les produits financiers
Veiller à l’application stricte des règles de Bâle. Ces règles encadrent l’activité bancaire, il est essentiel d’interroger leur adéquation aux marchés et de veiller à leur bonne application.
Définir des lignes directrices guidant l’accès au crédit. Il est nécessaire que les institutions bancaires respectent des « bonnes pratiques » afin de ne pas reproduire les erreurs d’hier.
Renforcer les contrôles en matière de titrisation : les banques doivent savoir de manière précise de quoi sont composés leurs produits. Il est urgent de revoir l’ensemble des hypothèses des scénarios de gestion des risques qui ne sont plus adaptés aux avancées de la titrisation.
Des règles plus strictes et plus claires pour les institutions financières internationales
Envisager une révision de la composition du Comité de Bâle afin d’y introduire des expertises diverses.
Refondre les institutions financières internationales. Les institutions créées à la fin de la Seconde guerre mondiale ont perdu de leur pertinence, en ne s’adaptant que trop mal aux évolutions de l’économie mondiale. Ces institutions doivent superviser les marchés financiers, et défendre les objectifs de transparence et de maîtrise des risques des opérations financières. Le FMI pourrait agir, grâce à l’arme des DTS, comme garant du marché interbancaire.
Renforcer le contrôle des autorités de régulation sur la finance mondiale, avec des contrôles plus fréquents et plus poussés.
Des règles plus strictes et plus claires pour les acteurs du marché
Renforcer la pression internationale pour la suppression des « paradis fiscaux », à tout le moins contrôler l’utilisation par les banques de ces zones.
Veiller à l’interdiction effective du « backdating ».
Supprimer les parachutes dorés et contrôler l’octroi des stock-options.
Contrôler les rémunérations dans les institutions où de l’argent public serait investi.
Contact : etudes@jeunespopulaires.com
2) Attractivité et compétitivité de l’économie française.
Des opporrttuniittés à saiisiirr dans un monde quii change viitte... La mondialisation est une chance, nous avons des atouts pour en profiter.
Ces dernières années, la croissance mondiale a été extrêmement forte. La crise actuelle démontre un dysfonctionnement du capitalisme. Il n’en reste pas moins que l’échange international reste une opportunité de croissance formidable car, comme l’écrit le prix Nobel d’économie de 2008, « la mondialisation n’est pas coupable » (Paul Krugman).
Pour participer à cette compétition mondiale, la France bénéficie d’atouts formidables. Il faut citer, parmi d’autres secteurs, la médecine, le nucléaire, le tourisme, etc. Or souvent, ces opportunités sont mal exploitées et trop contraintes.
Pour en bénéficier pleinement, la France doit se libérer de ses chaînes.
Les contraintes sur la compétitivité sont d’ordre structurel : lorsque la crise prendra fin et que la croissance reviendra, ces lourdeurs persisteront et nous empêcheront de profiter des nouvelles opportunités. Il faut donc les lever maintenant.
Une fiscalité pénalisante. Les premières contraintes sont relatives à la fiscalité du travail et des entreprises, comme le montrent les graphiques 1 et 2 en annexe. D’une part, le niveau de prélèvements est en lui-même si élevé qu’il contraint l’initiative et le développement économiques. D’autre part, ce niveau est particulièrement élevé relativement à nos principaux partenaires et à la moyenne des Etats de l’Union européenne.
Une dépense publique contraignante. Les deuxièmes sont liées à la place de l’Etat dans l’économie dont les effets sur la compétitivité sont doubles (graphique 3). D’une part, les démarches administratives trop nombreuses représentent un coût important pour les entreprises, évaluées par l’OCDE entre 3 et 4 points de PIB. D’autre part, si l’on admet que la dépense publique n’est pas problématique en soit, il n’en reste pas moins qu’elle doit être justifiée au regard deux conditions : d’abord être efficace, ensuite ne pas conduire à un contrôle excessif des acteurs libres et responsables de la société. Dans ce cadre, la dette publique représente une contrainte majeure pour l’économie française. En premier lieu, elle rigidifie l’action publique. En second lieu, elle devra être remboursée par la jeune génération.
Un défaut de travail. Les troisièmes lourdeurs portent sur le travail en France. Le président de la République a engagé la revalorisation du travail depuis son élection. Il convient de continuer en ce sens, notamment en ouvrant la possibilité de travailler le dimanche, en encourageant le travail des étudiants, en intégrant les « seniors » au marché du travail.
Un investissement dans l’économie de la connaissance insuffisant. Enfin, une dernière faiblesse de la France réside dans son déficit d’investissement en recherche et développement (R&D), comme le montre le graphique 4. La France consacrait 2,1% de son PIB à la R&D en 2006, financés à 52% par le secteur privé. Cet effort conditionne pourtant la croissance de long terme. La réforme du crédit impôt recherche porte déjà ses fruits. La réforme des universités a commencé elle aussi. L’effort doit être poursuivi.
Une nécessiitté pourr lla solliidarriitté ett ll’’équiitté..
La redistribution, nécessaire à la solidarité nationale, n’est pas possible sans croissance. La contribution de la croissance à la solidarité est double : d’un point de vue statique, plus le PIB est élevé, plus la répartition sera grande ; d’un point de vue dynamique, plus la croissance est forte, plus la redistribution pourra bénéficier à un grand nombre. Par ailleurs, la croissance est la première solution redistributive, en ce qu’elle permet à chaque agent de s’enrichir. Sans richesse, il n’y a pas de partage.
Nos prroposiittiions..
Adopter un système fiscal attractif, compréhensible et rationnel
La Revue Générale des Prélèvements Obligatoires doit poursuivre ce triple but. La fiscalité doit être utilisée pour favoriser l’attractivité du territoire et attirer – voire garder - les investisseurs. Elle doit être compréhensible, pour les impôts les plus importants, par l’ensemble des contribuables. Son régime doit répondre à un principe d’efficacité, ce qui suppose d’élargir les bases et de réduire les taux, et d’éviter le développement de « niches ».
Réformer l’impôt sur les sociétés. Sa base devrait être élargie et son taux réduit. Maîtriser la dépense publique : la dette fait peser un poids sur l’économie, et un risque sur les générations futures. Les propositions sur ce sujet interviennent dans le cadre du 3ème atelier.
Continuer à promouvoir le travail.
Autoriser le travail le dimanche. Cette possibilité permettra à ceux qui le veulent, et notamment les étudiants, de compléter utilement leurs revenus. Ce recours pourrait être encadré, en exigeant une consultation des instances représentatives du personnel. Le travail le dimanche devra faire l’objet d’une meilleure rémunération.
Faciliter et encourager le travail étudiant. Les jeunes de l’UMP feront des propositions lors de leur convention « Pouvoir d’achat des jeunes » le 10 décembre 2008.
Fluidifier le marché du travail. Pour cela, il est nécessaire de prévoir une plus grande souplesse des relations de travail, et de repenser les charges qui pèsent sur le travail (fiscalité, salaire minimum, etc.). Le drame économique et social ne réside pas la survenance du chômage, mais dans sa persistance. Le but de la protection sociale doit être de réduire au maximum cette période sans emploi, et de l’utiliser afin de compléter la formation des personnes concernées. Ces résultats doivent être obtenus par la fusion ANPE – Unedic. Une réforme profonde de la formation est nécessaire : il n’est pas tolérable qu’elle ne profite qu’aux plus privilégiés.
Adapter l’environnement des affaires aux exigences de simplicité.
Simplifier la réglementation, notamment en matière de création d’entreprise. Evaluer systématiquement les dispositions législatives applicables. Recourir systématiquement aux évaluations préalables et études d’impact avant d’adopter un nouveau dispositif législatif ou réglementaire.
Créer une agence des PME qui serait leur interlocuteur unique, notamment et surtout en matière fiscale et sociale. La pratique du rescrit serait généralisée dans ces domaines.
Investir dans la recherche et développement.
Rénover les pôles de compétitivité pour en réduire le nombre et en renforcer les moyens. Ils sont aujourd’hui trop nombreux, ce qui participe à une dispersion des moyens et nuit à l’efficacité de cette initiative.
Repenser la recherche publique en France. Les moyens sont trop dispersés. Un financement reposant sur des projets et la performance devrait être privilégié.
Devenir leader en matière d’enseignement supérieur.
Poursuivre résolument la réforme de l’enseignement supérieur en poursuivant sur la voie de l’autonomie, en favorisant l’émergence de pôles internationaux regroupant universités, établissements techniques, grandes écoles…
Contact : etudes@jeunespopulaires.com
3) L’action économique de l’Etat.
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La dépense publique est un instrument de redistribution. Son niveau est le reflet d’un choix de société : il représente l’effort que la Nation consacre à la redistribution à travers ses services publics. Différents modèles existent au sein de l’OCDE : certains Etats privilégient la responsabilité des individus, d’autres encouragent la mutualisation et la redistribution. En France, la dépense publique représente 52,4 % du PIB, ce qui est l’un des taux les plus élevés de l’Union européenne.
La France a fait le choix de l’effort social. Les dépenses liées à la protection sociale représentent environ
46% du PIB, ce qui place la France juste derrière la Suède dans ce domaine (tableau 1). Cela explique en partie pourquoi 51,6% des prélèvements obligatoires sont affectés au financement de la protection sociale (tableau 2).
La dépense publique est un outil de politique économique. L’Etat peut parfois avoir vocation à utiliser
l’instrument budgétaire comme un moyen d’influencer les comportements des acteurs économiques. Ce recours, qui s’explique en temps de crise, est toutefois critiqué par la pensée économique lorsqu’il introduit un biais sur les marchés.
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Les prélèvements obligatoires financent la dépense publique. Plus la dépense est élevée, plus elle a besoin d’être financée, plus il est nécessaire que le système fiscal soit efficace et juste. Sauf quelques cas où il a un but « pédagogique » (taxer un comportement nuisible par exemple), un impôt doit viser à la neutralité : il doit donc chercher à avoir l’assiette la plus large et le taux le plus faible. Or, la fiscalité française mériterait d’être rationalisée : certains impôts sont difficilement compréhensibles et la multiplication des niches contribue à cette confusion.
Un taux excessif de prélèvement obligatoire peut avoir un effet négatif sur l’activité économique, et finalement nuire à la solidarité nationale. Une imposition trop forte, sur le capital ou le travail, nuit d’une part à l’attractivité de la France, d’autre à l’activité plus largement en déprimant la production ou la consommation. Cela n’est pas satisfaisant : une activité économique freinée, cela signifie un résultat comprenant moins de richesse, c'est-à-dire moins de revenu à répartir. Or, notre pays s’illustre par des taux relativement élevés (graphiques 3).
Cette situation impose une exigence d’efficacité. Il faut en effet parvenir à un équilibre délicat : dépenser
pour satisfaire une demande sociale forte, sans que le financement ne déprime l’activité économique. Cela impose que la dépense publique soit efficace.
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La persistance de la dette, signe de mauvaise santé. Lorsque l’Etat dépense plus qu’il ne collecte
d’impôts, un déficit apparaît. Pour le financer, le recours à l’emprunt forme la dette publique. Dans le cas de la France, tous les budgets sont en déficit depuis 1974. Cette persistance est inquiétante, surtout au regard du niveau de prélèvements obligatoires : il est difficile de percevoir plus d’impôts.
L’effet « boule de neige » de la dette est un risque fort. Lorsque la dette devient trop importante, l’Etat constitue une nouvelle dette pour rembourser la précédente et en vient même à emprunter non pour rembourser le capital de la dette mais seulement ses intérêts. En 2009, les « engagements financiers de l’Etat » devraient représenter 44 milliards d’euros, soit environ 16% du budget, ce qui en fait le deuxième poste de dépense de l’Etat.
La dépense publliique estt aujjourrd’’huii une conttrraiintte ett une iinjjusttiice..
La dépense publique est contrainte. La structure du budget de l’Etat est révélatrice à cet égard. Les principaux postes de dépense sont des postes particulièrement rigides : il s’agit de la dette, des dépenses |